Le folklore en partage : Brahms et Bartók réinventent l'âme hongroise
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Le 15 octobre 2026, l'Orchestre vous donne rendez-vous au Palais de la musique et des congrès pour un voyage musical d'une intensité rare.
Placé sous la direction du chef Robert Trevino, ce concert réunit le pianiste Adam Laloum et les musiciens de l'OPS autour de deux chefs-d'œuvre créés à Budapest.
Le Concerto pour piano n° 2 de Brahms : l'alliance de la puissance et du lyrisme
Composé entre 1878 et 1881 lors de séjours estivaux, le Concerto pour piano n° 2 en si bémol majeur (op. 83) de Johannes Brahms est l'un des sommets du répertoire concertant. Qualifié ironiquement par le compositeur de « toute petite chose, avec une babiole de scherzo », l'ouvrage se distingue par sa structure monumentale en quatre mouvements.
Créée à Budapest le 9 novembre 1881 avec Brahms au clavier, l'œuvre remporta un succès immédiat. Du vigoureux scherzo au sublime Andante centré sur le dialogue poétique entre le piano et un violoncelle solo, jusqu'au finale étincelant nourri de rythmes tziganes, le concerto offre un équilibre parfait entre virtuosité et profondeur expressive.
Le Prince de bois de Bartók : les coulisses d'un conte féerique
Deuxième œuvre scénique de Béla Bartók composée entre 1914 et 1916, le ballet-pantomime Le Prince de bois (op. 13) repose sur un livret du poète Béla Balázs paru dès 1912 dans la revue Nyugat. Sa création à l'Opéra de Budapest en mai 1917 fut un véritable événement : aucun des sept chefs résidents n'ayant osé prendre la baguette, c'est le chef invité Egisto Tango qui dirigea la première, dans des décors et costumes féeriques dessinés par le comte Miklós Bánffy. L'argument met en scène un prince qui, pour séduire une princesse retenue par les maléfices d'une fée, fabrique un automate de bois. Prise d'illusion, la princesse préfère d'abord danser avec la marionnette animée. Lorsque la marionnette de bois redevient une simple pièce inanimée, la princesse, pleine de honte et de repentir, coupe sa chevelure et renonce à ses parures royales avant de s'unir enfin au vrai prince.
Sur le plan musical, Bartók conçoit une structure symétrique originale en trois parties. La partition mêle la pureté des mélodies populaires hongroises, des résonances wagnériennes, ainsi qu'un ton grotesque et ironique pour caractériser la marionnette.