Une vie de héros : l'Orchestre célèbre la force créatrice face à l'adversité
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Le 10 septembre à 20h, l'Orchestre vous donne rendez-vous au Palais de la Musique et des Congrès pour son grand concert de rentrée, sous le signe du courage, de la bravoure et du triomphe de l'esprit.
Pour ce programme symphonique d'exception, l'orchestre réunit deux chefs-d'œuvre monumentaux du répertoire germanique : le Concerto pour piano n°5 « L'Empereur » de Ludwig van Beethoven et le grandiose poème symphonique Une vie de héros de Richard Strauss.
Beethoven sous le feu des canons
C’est au cœur des guerres napoléoniennes que naît le cinquième concerto de Beethoven, composé entre 1808 et 1809. En mai 1809, la Grande Armée bombarde et assiège Vienne. Terrifié par les explosions qui agressent ses oreilles malades, le compositeur se réfugie dans la cave de son frère Kaspar, se couvrant la tête de coussins pour tenter d'étouffer le bruit fracassant du canon.
Malgré cette gêne physique et morale opprimante, le génie de Beethoven transcende la détresse de la guerre. Il parsème ses carnets d'esquisses de cris de combat — « Victoire ! » (Sieg !), « Attaque ! » (Angriff !) — et donne naissance à son concerto le plus ouvert, le plus symphonique et le plus monumental, où le piano dialogue d'égal à égal avec un orchestre au caractère martial affirmé.
Richard Strauss : le triomphe de l'ego
Fidèle à cet héritage héroïque, Richard Strauss choisit de franchir un pas audacieux à la fin de l'année 1898 en érigeant sa propre vie en sujet de son dernier poème symphonique, Une vie de héros. Face aux critiques qui s'offusquaient de ce choix autobiographique, Strauss répliquait avec une ironie mordante : « Je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas une symphonie sur moi-même. Je me trouve aussi intéressant que Napoléon et Alexandre ».
Déployée en six parties descriptives, l'œuvre est une fresque grandiose où Strauss met en scène ses combats, ses œuvres de paix (en citant habilement ses partitions antérieures comme Don Juan ou Ainsi parlait Zarathoustra) et ses victoires sur des détracteurs haineux peints par des sonorités de vents grinçantes. Au cœur de ce tumulte orchestral, le compositeur confie au violon solo un portrait virtuose et passionné de sa compagne Pauline de Ahna, tour à tour capricieuse, espiègle et infiniment tendre.
Une distribution internationale prestigieuse
Pour porter ce souffle orchestral puissant, l'Orchestre, sous la direction d'Aziz Shokhakimov, sera rejoint le temps du Concerto par le pianiste Francesco Piemontesi.
Formé auprès de maîtres tels qu'Arie Vardi, Alfred Brendel et Cécile Ousset, il s'est taillé une réputation internationale d'interprète d'élite du répertoire classique et romantique allemand. Son jeu, encensé pour son intimité poétique, sa sensibilité naturelle ainsi que sa puissance technique, promet de révéler toute l'éloquence héroïque de l'œuvre de Beethoven.
Préparez l'expérience : la conférence d'avant-concert
Afin de vous donner toutes les clés d'écoute pour cette soirée, Mathieu Schneider animera une conférence d'avant-concert intitulée « Après une lecture de Beethoven : Strauss et son "Eroica" ».
L'entrée est libre dans la limite des places disponibles.