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Concert symphonique

Lueur boréale avec Alexandre Tharaud

Publié le
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Jean Baptiste Millot

JEUDI 2 ET VENDREDI 3 DECEMBRE À 20h

Palais de la Musique et des Congrès  - Salle Érasme

Réservations

Programme détaillé

Lueur boréale

ROBERT SCHUMANN
              Ouverture de Hermann und Dorothea
                         

EDVARD GRIEG
                                       Concerto pour piano en la mineur                                                      

JEAN SIBELIUS
                                                   
Symphonie n°1 en mi mineur                                                   

Direction, Aziz Shokhakimov - Piano,  Alexandre Tharaud

Découvrez l'enregistrement du 4ème mouvement de la Symphonie n°1 en mi mineur de Sibelius.

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Concert en lien avec l’exposition La Marseillaise au MAMCS.

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Concert enregistré par medici.tv (diffusion le 9 décembre 2021)

et Radio classique (diffusion le 12 décembre 2021) et ACCENT4. 

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Séances de dédicaces à l’entracte avec Alexandre Tharaud les 2 et 3 décembre

à l’occasion de la vente de CD.

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C’est à un voyage dans les contrées d’Europe du Nord que vous convient Aziz Shokhakimov, directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, et Alexandre Tharaud, pianiste en résidence. De la Norvège à la Finlande, où, à la fin du XIXe siècle, émergeait l’idée de musiques nationales et d’indépendance, en particulier pour la Finlande, les partitions d’Edvard Grieg et de Jean Sibelius ne sont pas pour autant des manifestes politiques. En contrepoint de ces « lueurs boréales », Hermann und Dorothea, une ouverture peu jouée de Robert Schumann, dans laquelle notre hymne national, La Marseillaise, a toute sa part.

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ROBERT SCHUMANN (1810-1856)

Ouverture de Hermann und Dorothea op.136

En 1840, Robert Schumann avait déjà employé le thème de La Marseillaise dans Die beiden Grenadiere d’après Heinrich Heine. Cinq ans plus tard, il songe à un Singspiel ou à un Concert-Oratorio sur le sujet des amours d’Hermann et Dorothée de Johann Wolfgang von Goethe, dont l’action se situe au cours des guerres révolutionnaires françaises qui éclatèrent en Allemagne.

Il abandonnera l’idée et se contentera d’une ouverture dédiée à sa « chère Clara » qu’il compose « en quelques heures », le 20 décembre 1851, et qu’il orchestre le 23 décembre.

« L’ouverture goethéenne est jeune, romanesque et animée d’une veine motivique abondante, dans la mesure où les deux groupes thématiques se ramifient en arborescence et où le développement ne reprend presque rien à l’identique. » (Brigitte François-Sappey) La Marseillaise est omniprésente et apparaît après l’énoncé aux altos du thème d’amour d’Hermann. Le thème d’amour de Dorothée est confié aux bois et aux violons. L’ouverture se referme sur les derniers échos de La Marseillaise.

L’ouverture de Hermann und Dorothea fut publiée à titre posthume en 1857.

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EDVARD GRIEG (1843-1907)

Concerto pour piano en la mineur op.16

C’est en 1868 qu’Edvard Grieg, âgé de 25 ans, composa son Concerto pour piano qui lui valut aussitôt une reconnaissance internationale jamais démentie depuis. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître, car Edvard Grieg n’avait écrit auparavant qu’une symphonie sous la houlette de son maître Niels Gade et une ouverture, « Automne ». Les deux œuvres s’étaient soldées par un échec et Grieg avait finalement jugé préférable d’en interdire l’exécution.

Le Concerto en la mineur révèle une autre préoccupation plus essentielle, celle d’imposer une personnalité. De plus, Edvard Grieg souhaite participer activement à l’animation de la vie musicale norvégienne et se fait l’artisan d’un art national. Il crée ainsi en 1867 à Christiana (Oslo), l’Académie Norvégienne de Musique. Pour y parvenir et rompre avec une intense activité  - il est engagé comme pianiste et chef d’orchestre -, il lui fallait un endroit idéal qu’il trouvera au cours de l’été 1868 au Danemark. Son ami Benjamin Feddersen avait loué pour lui une maisonnette avec un piano. La présence d’Edmund Neupert, futur dédicataire du Concerto, conjuguée à un cadre idyllique, ne pouvait que susciter son désir de s’adonner uniquement à la composition et de mener à bien ses projets, dont celui du Concerto pour piano qui se ressent de la puissance de ses idées créatrices.  Par ailleurs, il faut voir dans cette partition une nette rupture avec les influences germaniques, très vivaces dans bon nombre de pays.

Si, sur le plan des idées, le Concerto pour piano d’Edvard Grieg est une page authentiquement norvégienne, sur le plan formel, elle ne peut renier une évidente influence directement héritée de Robert Schumann et du séjour que le compositeur passa à Leipzig. Elle partage avec le Concerto pour piano de l’auteur du Carnaval la même tonalité, celle de la mineur, la même conception structurelle, une entrée puissante du piano, les mêmes interactions entre le soliste et l’orchestre. Très attaché à son œuvre, Edvard Grieg la révisa jusqu’à sa mort, en 1907.

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JEAN SIBELIUS (1865-1957)

Symphonie n°1 en mi mineur op.39

Lorsque Jean Sibelius dirigea la création de sa Symphonie n°1 en mi mineur op. 39 le 26 avril 1899, Le Chant des Athéniens du même compositeur et joué lors du même concert, reçut un accueil triomphal. Il est vrai que cette brève pièce patriotique fut la réponse de Jean Sibelius au « Manifeste de février » du tsar Nicolas II, par lequel la Finlande (Grand-duché autonome de l'empire russe depuis 1809) fut privée de plusieurs de ses pouvoirs d'autodétermination.

S'il est vain de rechercher dans la Première symphonie une quelconque motivation politique, en revanche, elle ne peut se dégager d'une influence de la musique russe. Deux œuvres semblent l'avoir influencé : la Pathétique de Piotr Ilitch Tchaïkovski et la Première symphonie d’Alexandre Borodine. Du premier, Jean Sibelius écrira : « Cet homme possède en lui de choses que je reconnais en moi-même. » Plus tard, il s’étonnera de la comparaison entre les symphonies de Tchaïkovski et les siennes : « Ses symphonies sont très humaines, mais elles représentent le côté faible de la nature humaine. Les miennes, le côté dur. » Auteur d’une biographie de Jean Sibelius, Marc Vignal écrit : « Sibelius emprunta à ses prédécesseurs russes des éléments de langage, en particulier harmoniques et coloristiques, ou en utilisa de semblables, mais en les faisant siens et en les modernisant. Plus que les Russes, y compris Tchaïkovski, il s'attacha à étendre les limites et les possibilités du système tonal. »