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Vent de liberté sur les trombones : Entretien

Musique de chambre Concert décentralisé

Vent de liberté sur les trombones : Entretien avec Nicolas Moutier

Publié le
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Gregory Massat

Dimanche 28 novembre à 15h

Église Notre Dame de la Nativité, Saverne

En partenariat avec la Collectivité européenne d’Alsace et la Ville de Saverne.

Accès libre dans la limite des places disponibles.

PROGRAMME

PHILIP SPARKE
Tokyo Triptych | 10'
GIOACCHINO ROSSINI
Ouverture de Guillaume Tell (arr Th.Horch) | 7'
ANTON BRUCKNER
Antiphon (arr. Doms) | 5'
STEVEN VERHELST
Trombone quartet n°1 | 13'
GEORGE GERSHWIN
A portrait (arr. Armitage) | 10'

Durée du concert : 1h environ 


Nicolas MOUTIER - Laurent LARCELET - Renaud BERNAD - Brian DAMIDE, trombones

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ENTRETIEN AVEC NICOLAS MOUTIER,TROMBONE SOLO DE L'ORCHESTRE


Les quatre trombonistes de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg (Nicolas Moutier, Laurent Larcelet, Renaud Bernad et Brian Damide) nous convient à un étonnant voyage dans l’univers sonore de leur pupitre.

Nicolas Moutier, trombone solo de la formation nous accompagne dans la découverte de ce programme : « Que peut-on faire avec quatre trombones ? Assurément, montrer la diversité des expressions, des timbres, des rythmes de nos instruments. Depuis une année, notre ensemble a relevé le défi d’aborder de nouveaux répertoires et des arrangements brillants, comme celui de l’Ouverture de Guillaume Tell de Gioacchino Rossini que nous avons joué, d’ailleurs, à l’Orchestre. Le défi est d’ajouter notre “touche” cuivrée sans tomber dans le kitch ! ».

Le programme s’ouvre par Tokyo Triptych de Philip Sparke (1951). Spécialiste des oeuvres pour cuivres, le compositeur anglais rend hommage à Tokyo et, plus précisément, à trois quartiers de la capitale du Japon : Shinjuku, Sengakuji et Shibuya. « Voici trois ambiances particulièrement colorées, aux rythmes et aux harmonies généreuses » affirme l’interprète. Après cette déambulation qui nous fait passer d’une promenade, tour à tour enjouée puis nostalgique et enfin dansante, faisons un saut dans le passé de presque deux-cents ans. Thomas Horch, ancien trombone solo du Philharmonique de Berlin et de l’Orchestre symphonique de la Radio de Bavière, a réalisé l’arrangement de l’Ouverture de Guillaume Tell de Gioacchino Rossini (1792-1868). C’est un véritable petit poème symphonique que nous entendons.  « Rappelez-vous : ce sont les cordes qui ouvrent la partition avant que nous assistions à l’évocation d’un orage, aux sonneries d’une harmonie de village… Deux trombones assurent les traits d’orchestre et deux autres prennent le relai des cordes. L’oeuvre est techniquement difficile, mais elle nous laisse aussi de belles pages de liberté individuelle » s’enthousiasme le musicien.

Changement de décor avec Antiphon (ce mot évoque un psaume ou un chant d’église exécuté en alternance par deux choeurs) d’Anton Bruckner (1824-1896). Le motet (composition musicale à une ou plusieurs voix, religieuse ou profane, avec ou sans accompagnement) Tota Pulchra es Maria a été arrangé pour quatuor de trombones. « La tradition germanique et brucknérienne de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg marque notre interprétation. Dans cette musique, il faut jouer «large » et au fond des temps. Pour que cela sonne bien ! » affirme Nicolas Moutier.

Le Quatuor pour trombone n°1 du compositeur belge Steven Verhelst (1981) qui suit, est dédié au World Trombone Quartet. « Le premier mouvement est d’un caractère à la fois héroïque et lyrique. Les deux autres parties font songer à quelque ballade celtique. C’est une musique narrative, très bien écrite pour nos instruments, virtuose et délicate notamment dans le finale » souligne le tromboniste.

Le concert s’achève avec A portrait (arr. Armitage), du nom de l’arrangeur Dennis Armitage (1928-2005), auteur de ce potpourri d’oeuvres de George Gershwin (1898-1937). « Composée pour quatre euphoniums ou quatre trombones, la partition nous plonge dans l’ambiance du cabaret d’avant-guerre, des films noirs américains. Les thèmes s’enchaînent très rapidement dans ces pages aussi rythmées que réjouissantes. Idéales pour conclure un concert ! » assure Nicolas Moutier.